Brignoles

Le site de l’abbaye de La Celle a été occupé dès l’Âge du Fer (entre les IIe et I er siècles av. J.-C.). Les fouilles récentes ont mis au jour un four et un sol de cette époque. Sur le même emplacement, une « villa » romaine s’est installée au iie siècle après Jésus-Christ. Il s’agit d’une « pars rustica », exploitation agricole dont le pressoir et le fouloir ont été retrouvés dans la cuisine de l’abbaye. Cette « villa » est restée active jusqu’au vie siècle. C’est ensuite au début du XIe siècle qu’a commencé la construction du premier monastère. En 1011, une donation est faite à l’Abbaye SaintVictor de Marseille de terres sur le territoire de Brignoles avec une église dédiée à Sainte-Perpétue. La plus grande partie du temporel de l’abbaye se situe dans la région de Brignoles. Les femmes de ce monastère appartiennent toutes à la haute noblesse de Provence, ou du Languedoc.
L’abbaye y installe quelques moines pour assurer les offices pour les populations locales. Ce monastère avait la particularité d’être double, les hommes avaient d’un côté leurs bâtiments et desservaient l’église Sainte-Perpétue, les moniales utilisaient l’église Sainte-Marie. Les deux établissements avaient à leur tête une prieure et un prieur désignés par les moines de Saint-Victor. Cet établissement, improprement appelé abbaye, avait en fait le rang de prieuré. Elle est vendue et morcelée en 1792, durant la révolution, comme bien national, l’abbaye est transformée en exploitation agricole.

L’édification des dolmens des Adrets et de celui de l’Amarron atteste d’une occupation humaine sur le territoire de la commune dès le Néolithique. La plaine de Brignoles n’était alors qu’un vaste marécage en bordure du Caramy. Le territoire de Brignoles fut occupé par les Suelteri qui établirent de nombreux oppida au sommet des collines. Les Romains assainirent les terres et construisirent de nombreuses villæ en bordure de la via Aurelia. Restaurée sous Néron (58 apr. J.-C.), cette dernière fut alors marquée de bornes milliaires. Brignoles est citée pour la première fois en 558 dans la charte du roi Childebert concernant La Celle. Le « castrum brinoniae », près du quartier Saint-Pierre sert de refuge aux habitants pendant les raids sarrasins. Les comtes de Provence, seigneurs de Brignoles, y possèdent de nombreuses terres et une demeure. C’est là que viennent accoucher les comtesses, d’où le nom donné à Brignoles de « nourrice et demeure des enfants de la couronne ».
Le 31 mai 1523, le chevalier Bayard, en route pour l’Italie, passe à Brignoles qui est assiégée un an plus tard par les troupes du connétable de Bourbon. En 1533, la ville envoie à François Ier, de passage à Marseille, vingt boîtes de ses fameuses prunes, pesant soixante-dix livres, douze chapons et douze perdrix. Le 15 juillet 1536, Charles Quint, avec ses cinquante mille homme, passe le Var et livre Brignoles au pillage. Il change son nom en Nicopolis, la ville de la Victoire, et cède le duché au comte de Horne. Cependant en 1537, François I er aliène en faveur de Jean de Pontevès, seigneur de Carcès et de Cotignac, la juridiction royale et immédiate que le roi a eue de tout temps en la ville. François Ier a d’ailleurs été triomphalement reçu à Brignoles en mai 1538. Le 28 août 1563, les huguenots envahirent la ville comme l’indique l’inscription sur une pierre au n°5 rue Poissonnerie. Préfecture provisoire du département sous la Révolution française, puis sous-préfecture jusqu’en 1926, Brignoles accueille deux fois dans ses murs le pape Pie VII. Depuis 1921, la foire-exposition des vins de Provence se déroule chaque année et accueille régulièrement environ cinq cents exposants et près de cinquante-mille visiteurs.

Sur l’éperon qui domine le confluent de l’Argens et du Caramy ainsi que les quatre voies d’accès au village, les premiers seigneurs de Carcès, les Châteaurenard, dressèrent en l’an 1000 le premier fort. Dans deux chartes de 1085 et 1099, Bertrand et Bérenger, évêques de Fréjus, restituèrent à l’abbaye de Saint-Victor de Marseille, l’église de Sainte-Marie-de-Pignans de Sainte-Marie-de-Barjols et toutes les églises situées dans la vallée de Carcès (dont Notre-Dame-de-Carami de Carcès). La seigneurie de Carcès appartenait à cette époque à Guillaume de Cotignac, et passa successivement, comme celle de Cotignac, dans la famille de Pontevès à partir de 1240, qui éleva un château dont il reste aujourd’hui des ruines importantes.
Pendant les guerres de religion à partir de 1562. Le comte de Carcès, Jean de Pontevès, grand sénéchal et lieutenant du roi, était à la tête des catholiques les « Carcistes » ou « Marabouts », nom qui signifiait « cruels et sauvages ». Il combattait les Razats du maréchal de Retz qui s’appuyaient sur les seigneurs d’Oppède, d’Oraison et le baron d’Allemagne. Les deux camps ravagèrent la Provence, brûlant, violant et perpétrant autres cruautés. Le Parlement condamna d’abord la conduite des carcistes et permit de « courir sur eux et de les tailler en pièces ». À cet ordre, une partie de la Provence prit les armes et, en peu de jours, soixante-six carcistes périrent devant Cuers, quatre cents furent sabrés à Cabasse et autant trouvèrent la mort devant Lorgues. Toute la garnison du château de Trans fut passée au fil de l’épée et Carcès ne dut son salut qu’à l’arrivée en Provence de Catherine de Médicis.

Quelques vestiges découverts dans l’abri de Sous-Ville témoignent de l’occupation du site depuis la Préhistoire. La butte qui domine l’Argens fut sans nul doute occupée à l’époque pré-romaine par un oppidum transformé en citadelle à l’époque gallo-romaine. La première agglomération médiévale s’installe au Xe siècle au pied du fort Gibron, ancienne résidence des abbés de Montmajour. A la suite d’une donation intervenue en l’année 920, Correns dépend de la puissante abbaye de Montmajour-les-Arles. Le pape Serge IV accorda la même année des indulgences particulières à ceux qui assisteraient à la consécration de Notre-Dame de Correns, reprenant la tradition instaurée en 972 lors de la consécration de la première église. Depuis cette date, tous les vendredis 3 mai, Correns fête son «Pardon». Pendant les guerres de religion, le chef protestant La Burlière s’était réfugié à Correns après avoir ravagé les terres du baron Humbert de Vins à Brignoles. À la tête de ses troupes, Hubert de Garde de Vins attaqua en 1578 Correns qui n’avait pas de remparts. La Burlière et ses hommes s’enfuirent pendant la nuit, mais ils furent rattrapés au moment où ils traversaient la forêt de châtaigniers : 400 protestants périrent dans la bataille. En 1613, alors que la commune ne comptait que 1000 habitants, 53 235 fidèles vinrent en procession de toute la Provence, confesser leurs péchés aux 500 prêtres prévus pour l’occasion. De là vient le proverbe provençal «C’est le pardon de Correns» pour désigner de grands rassemblements populaires.

Au XIe siècle, les moines bénédictins de l’abbaye SaintVictor de Marseille fondent sur le territoire de l’actuelle commune de La Celle un prieuré féminin. Ce monastère Sainte-Perpétue est aujourd’hui connu sous le nom d’abbaye de La Celle. C’est aussi au XIe que la commune de La Celle devient indépendante par rapport à Brignoles (Var) et constitue un bourg ecclésial dont le prieur du monastère est le seigneur.

La fondation de Cotignac est très ancienne. Le nom Cotinacco est attesté dès 1030 ; d’après Albert Dauzat, le nom viendrait du nom d’homme gallo-romain Cottinius, du gaulois cottius, avec suffixe -acum. Les deux tours carrées au sommet du rocher sous lequel s’abrite le village, appartiennent aux premiers siècles de la féodalité. Dès l’an 1033, le château de Cotignac existait, et appartenait à Boniface de Castellane. Cotignac doit son importance économique à sa production d’huile d’olive, et historique à un vœu d’Anne d’Autriche et au pèlerinage que fit Louis XIV (encore chaque année des pèlerinages le 15 août et 8 septembre), en 1660 à la chapelle de Notre-Dame-de-Grâces, située sur le mont Verdaille, non loin des remparts de cette petite ville.

Montfort apparaît dans les archives dès le XIIIe siècle sous le nom de Mons Fortis et de Monte Forti (le « mont fort », la « butte fortifiée. La création du castrum de Montfort a lieu au Moyen Âge, en liaison avec le prieuré de Notre-Dame de Spéluque qui est une fondation de l’Antiquité tardive. En 1197, le seigneur Foulques de Pontevès fait don de la seigneurie de Montfort-sur-Argens aux Templiers de la commanderie du Ruou. En 1207,Alphonse II de Provence fait don du domaine de Montfort aux chevaliers du Temple, qui y établiront une maison du Temple. Pendant les croisades, Montfort-sur-Argens jouera un rôle important dans la présence des moinessoldats entre Argens et Verdon.Après la disparition de l’ordre du Temple en 1308, la possession est transféré aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1319 qui la détruisent. En 1411, le domaine est érigé en commanderie et les Hospitaliers l’occupent jusqu’à la Révolution française. Les bâtiments s’écoulent plus d’un siècle avant que la construction de l’actuel château ne soit entreprise. En 1793, le château est transformé en prison révolutionnaire et échappe ainsi à la destruction.

Le nom Le Val a été donné au village parce qu’il est niché au creux d’un vallon. l y a 4500 ans, les premiers habitants s’étaient blottis au pied de la falaise des Essartènes. Des dolmens situés sur la crête séparent Le Val de Brignoles. 300 ans avant notre ère est construit un oppidum sur la colline de Paracol, site qui sera occupé jusqu’au Xe siècle. La famille de Chateaurenard, seigneur du lieu, fait don de ses terres à l’abbaye de Montmajour. La fille, Balde, fait construire une église qui est consacrée en 1068. Dès lors, les habitants s’installent tout autour de cette église. En 1149, Le Val choisit ses premiers consuls. Apparaissent moulins, fontaines, lavoirs, tanneries.

En 1049, Pons, archevêque d’Aix, consacre l’église SaintÉtienne à Tourves, et le territoire environnant, y créant ainsi une sauveté qui constitue un asile pour les gens qui y vivent. Durant les guerres de religion, le village, converti au protestantisme, est pillé et ses habitants massacrés par Durand de Pontevès, capitaine catholique, en 1562. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Tourves fut un haut lieu de résistance, particulièrement surveillé par les autorités de Vichy.

Le « bourg castral de Vins », avec son village, l’église et le château construits sur un éperon rocheux dominent la vallée du Caramy. Ancien village minier d’exploitation de bauxite, il a aujourd’hui une vocation touristique et culturelle. Seigneurie de la famille d’Altenèphe (Atanulfe), puis des Garde de Vins du Parlement de Provence et des Vintimille du Luc. Fief érigé en marquisat par lettres patentes de mars 1641 en faveur de François de Garde de Vins. Vins est aussi un haut lieu de la résistance varoise.

La présence humaine est attestée sur le territoire de la commune dès le Néolithique comme en témoignent quatre dolmens (Dolmen de Candumy, Dolmen de la Bouissière, Dolmen de la Gastée, Dolmen du Pont Neuf) et deux menhirs (Peïro Plantado, Menhir du Reste) encore visibles aujourd’hui. Le site des Ecart fut occupé dès l’Antiquité. La nécropole gallo-romaine de la Calade a été fouillée et étudiée par George Bérard, archéologue spécialiste de la région de Cabasse.

C’est sur la colline SaintPierre que Bras se développe au XIe siècle. Un castrum, habitat fortifié, enserre le château, l’église et les habitations. Au XIIIe siècle, les templiers s’installent à proximité du village dans des bâtiments dont le centre est constitué par la chapelle Notre-Dame-de-Bethléem. Ils vont alors participer à la croissance du bourg. Cette commanderie était en fait une exploitation agricole qui assurait le ravitaillement des établissements templiers d’Orient via le port de Marseille. Suite aux pillages et à la peste entre le XIVe et le XVe siècle, le site de Saint-Pierre est abandonné au profit d’un nouveau village en contrebas de la colline. S’ensuit une période de prospérité durant laquelle la population croît rapidement pour atteindre 1520 habitants au XIXe siècle.

Les vestiges décelés attestent de l’occupation sur le territoire de la commune dès l’Âge du fer. Les terres de Forcalqueiret appartiennent aux vicomtes de Marseille qui en font don, dès le XIe siècle à l’abbaye de Saint-Victor. Le castrum de Forcalqueiret apparaît dans les textes en 1025. Le fief comprenant les actuelles communes de Rocbaron, Forcalqueiret et Sainte-Anastasie est reconstitué au XIIIe siècle par Geoffroy Reforciat, vicomte de Marseille et seigneur de Trets. La seigneurie passe ensuite par alliance à la puissante famille d’Agoult pendant plus de trois siècles. C’est à l’époque des d’Agoult que le castellas prend son aspect quasi définitif, très probablement au XVe siècle. Le fief de Forcalqueiret est plus tard transmis par alliance à la famille de Montauban qui ajoute à son nom celui d’Agoult, puis à celle de Garde de Vins, à laquelle appartient Hubert de Vins, seigneur de Forcalqueiret, chef de la Ligue en Provence, tué à Grasse en 1589.

Vraisemblablement, le nom provient de celui d’un propriétaire terrien de l’époque gallo-romaine possédant un domaine sur les rives de l’Issole traversant la commune. À partir du IXe ou Xe siècle, la Provence a subi de grandes misères et de nombreux ravages et pillages. C’est certainement à cette période que les habitants de « Flacianis » se sont regroupés autour de la forteresse féodale, lieu aujourd’hui en ruine et appelé « ville » ou « Vieux Flassans ». Sur l’emplacement d’un oppidum romain, un poste de guet fut élevé au Xe siècle par Hugues d’Arles pour prévenir des incursions sarrasines, qui venaient de la côte et du massif des Maures où ils s’étaient installés.

Cuers date de 2500 av. J.- C., les Ligures, puis les Romains, s’installèrent ensuite dans la région de Cuers, laissant notamment les traces de trois camps romains, et d’un oppidum en haut de la Barre de Cuers. Afin d’échapper aux invasions sarrasines, fréquentes dans la région au viiie siècle, les habitants du village se réfugient dans les environs ; ils donnent ainsi naissance aux hameaux de Valcros et Saint-Laurent. Le territoire faisait alors partie du comté de Fréjus. Les terres passent ensuite dans les mains du vicomte de Marseille, aux alentours de 970, qui en fit don aux moines de l’abbaye de Saint-Victor, en 1032.